- 7 français sur 10 ne souhaitent pas que Bayrou obtiennent lundi prochain un vote de confiance à l’assemblée nationale … 63% d’entre eux espèrent une dissolution du parlement, et une majorité le départ du chef de l’Etat.
C’est dire le niveau d’impopularité des dirigeants actuels !
Comment s’en étonner, après une dissolution calamiteuse il y a un an, où le peuple n’a pas été entendu et où on continue de faire comme s’il ne s’était pas exprimé avec des personnalités battues qui nous gouvernent toujours, des alliances contre nature et des vainqueurs qui continuent de siéger sur les bancs … de l’opposition.
Quel mépris de la démocratie et de la souveraineté populaire !
Ce déni de démocratie, ce camouflet à la justice a atteint aujourd’hui son paroxysme, d’où le rejet de l’élite actuelle. Ajoutons à cela, la journée de blocage du 10 septembre, qui promet un joyeux tohu-bohu dans le pays, avec la renaissance possible du mouvement des gilets jaunes, les « gueux », comme les appellent actuellement Alexandre Jardin, les « sans dents » comme les qualifiaient hier un ancien président de la République, François Hollande pour ne pas le nommer. Au mépris de celui-ci a succédé l’arrogance de son successeur, les quinquennats changent mais la condescendance des monarques républicains élyséens demeure. Pour eux, socialistes compris, il y aura toujours les puissants d’un côté, et les manants de l’autre. Rien n’a changé au pays de la fière devise « Liberté, égalité, fraternité ».
En clair, le refus s’exprime autant à travers les institutions que dans la rue.
Crise politique ? Crise de régime plutôt !
Et le Premier ministre qui feint de croire que ce mécontentement généralisé tient au projet de supprimer deux jours fériés … pour équilibrer les comptes et combler le déficit de plus de 40 milliards. Quelle plaisanterie !
Certes, les français ne supportent pas qu’on revienne sur les droits acquis, c’est dans leurs gènes ils devraient le savoir, mais ils en ont surtout assez de devoir supporter la mauvaise gestion de ceux qui nous gouvernent depuis plusieurs décennies, toute formation politique, gauche-droite, confondue. Ils en ont assez d’avoir à toujours payer davantage quand nos députés et ministres se gobergent dans le luxe et la luxure, traitements élevés, indemnités en tout genre, avantages multiples : logements et voitures de fonction, gardes du corps, voyages SNCF et aériens gratuits sans oublier ces distinctions et nominations entre copains et coquins, etc.
Et à chaque nouvelle législature leur premier devoir est de les augmenter encore un peu plus, ce qui est proprement scandaleux, sans parler des situations en or des anciens chefs d’Etat et de gouvernement.
Voilà ce qui ruine le pays ! Une situation unique dans le monde contemporain qui est le nôtre.
De qui se moque-t-on ? On a reconstitué petit à petit, à l’insu de notre plein gré, les privilèges de l’Ancien régime qui ont conduit à la Révolution de 1789. Ne le voient-ils donc pas ? Sont-ils à ce point sourds et aveugles ? Dans le livre d’Orwell, les animaux étaient malades de la peste, de quelle maladie étrange sont donc affectés nos politiques ?
Aux mêmes causes, les mêmes effets !
Que nos puissants daignent montrer l’exemple et ils redeviendront crédibles, audibles aux plus modestes. Ils seront alors entendus, et le peuple acceptera les efforts qu’on lui demande car, n’en doutons pas, il est aussi patriote et amoureux de la France que nos édiles de l’Elysee-Maignon et du palais Bourbon,qui se servent plus du pays qu’ils ne le serve.
Aujourd’hui, on est à la croisée des chemins, celui où tous les mécontentements peuvent se coaliser, ce que redoute plus que tout ceux qui nous gouvernent. Qu’ils prennent garde que, lassés de constater que leur vote est constamment snobé le bon peuple de France n’exprime sa colère de façon irrationnelle, avec pour commencer une révolte des fourches dans les campagnes car le monde rural est à l’agonie, et pas seulement lui (marins pêcheurs, viticulteurs, etc.)
Il est encore temps pour nos princes et petits marquis de retenir les leçons de l’histoire, car celle-ci, dit-on, est un perpétuel recommencement.
« Ah, ça ira, ça ira, les aristocrates à la lanterne … », qu’ils chantaient.
Jean-Yves Duval, journaliste écrivain